Les droits et la santé sexuels et reproductifs et le VIH en Afrique francophone

Par Falolou F. Lucrèce, membre de la YWCA du Bénin

L’atelier régional des YWCA francophones d’Afrique qui s’est déroulé au Bénin du 15 au 17 novembre 2012 sur le thème des droits et de la santé sexuels et reproductif (DSSR) et le VIH chez les jeunes femmes a été un excellent moment d’échanges, de partage de connaissances et des meilleures pratiques. L’atelier a réuni des membres des YWCA du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la République Démocratique du Congo, du Mali et du Togo. Etait présente également Hendrica Okondo, du bureau mondial de la YWCA et Directrice mondiale des programmes relatifs aux DSSR et VIH. Au cours de cet atelier, le point de la situation de la santé sexuelle et reproductive dans la région a été posé et des orientations futures ont été définies. De plus, la rencontre a permis d’apprécier un certain nombre d’avancées dans le domaine de la santé de la reproduction et ce à travers le développement de projets mettant l’accent notamment sur le renforcement des services de santé sexuelle et reproductifs,  l’accroissement de l’accès aux services de maternité (incluant la lutte contre les fistule obstétricales qui reste un fléau dans de nombreux pays d’Afrique, la gratuité de la césarienne) sans risque et de survie de l’enfant .

Les participantes ont identifié un certain nombre d’obstacles qui retardent l’atteinte des objectifs visés par ces différents projets. Les deux plus importants sont la forte croissance démographique et ses conséquences sociales et la faible productivité économique. A travers nos échanges, nous avons également remarqué que trois domaines d’activités contribuent grandement à la  réduction de la mortalité maternelle. Il s’agit des domaines :

  • de la planification familiale ;
  • des soins obstétricaux néonatals d’urgence ;
  • de l’accouchement assisté par un personnel qualifié.

Il ressort de ce qui précède que les pays africains représentés dans ces ateliers ont fourni des efforts dans l’avancement des droits et de la santé sexuels et reproductifs chez les jeunes. Et pourtant, « les indicateurs de santé sont peu reluisants et stagnent depuis plusieurs décennies », comme le souligne Hendrica Okondo. Au Bénin par exemple, selon la dernière enquête démographique de la santé (EDS, 2006) le ratio de la mortalité maternelle est de 397 pour 100.000 naissances (selon les derniers chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé, le ratio de mortalité maternelle dans les pays en développement est en moyenne de 240 pour 100 000 naissances, contre 16 pour 100 000 dans les pays développés) ; la mortalité néonatale (cela correspond aux quatre premières semaines suivant la naissance) est de 32 pour 1000 naissances et la mortalité infanto-juvénile (avant l’âge de cinq ans)  est de 125 pour 1000 naissances. Quant au pourcentage de femmes/partenaires sexuels qui utilisent toute forme de contraception, il a régressé et est passée de 7,1% en 2001 à 6,2% en 2006.

De plus, l’âge des premiers rapports sexuels est de 15 ans maximum chez les adolescents et jeunes de 10 à 24 ans (13,2% des filles contre 12,9% des garçons) ; nous sommes confrontées ici au problème des mariages précoces et/ou forcés qui se soldent par des grossesses non désirées avec complications et un faible accès à l’information et aux services de planification familiale. Face à ce tableau peu brillant, la santé sexuelle et reproductive chez les jeunes femmes est menacée avec pour cause principale la mortalité suite à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement ou encore au VIH et SIDA.

Des défis restent à relever, et en tant que membre de la YWCA, nous devons redoubler d’effort pour inverser la tendance. Des solutions ont été avancées et comprennent la promotion en matière des droits et de la santé sexuels et reproductifs dans le programme scolaire, ceci incluant l’éducation sexuelle ;  l’encouragement auprès des autorités nationales à mettre en place des fonds nécessaires pour le développement de la santé de la reproduction incluant une bonne gouvernance de ces fonds ; la lutte contre la déscolarisation des filles, le développement du leadership des jeunes femmes ; un meilleur accès à  des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien leur grossesse et leur accouchement.

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