La santé n’est pas seulement le privilège du ministère de la santé

Par  Merveille Dedji de la YWCA de Bénin

La 5eme conférence africaine portant sur les droits et la santé sexuels et reproductifs tenue à Windhoek en Namibie a tenté de passer en revue la situation des jeunes et leur rapport au VIH et SIDA et à la santé sexuelle et reproductive, notamment en Afrique. Le rôle des gouvernements a aussi été discuté. La conférence a le mérite d’avoir fait ressortir de nombreuses approches qu’il faudrait initier dans les pays africains afin de se rapprocher de l’objectif zéro nouvelle infection et une bonne santé reproductive pour toutes.

Merveille Dedji

Parmi les discussions engagées, les conférenciers ont évoqué le problème de l’avortement clandestin et ont plaidé pour un accès sécurisé à ce service. Dans les faits, il est à noter que le manque d’opportunités et la pauvreté amènent de nombreuses jeunes filles à devenir des travailleuses de sexe. La possibilité pour elles de se protéger d’une grossesse non désirée est difficile et pourtant plus que nécessaire. En conséquence, ces jeunes femmes choisissent de se faire avorter et parce que les services sont manquants, elles mettent en danger leur vie en se retrouvant à avorter clandestinement. Beaucoup en meurent. Le ministère de la Santé doit prendre ses dispositions parce que beaucoup d’avortements clandestins se pratiquent encore. La question des travailleuses de sexe soulève un autre problème : doivent-elles encore être considérées comme des criminelles ? La question des droits humains se pose.

Cette conférence a le mérite de se poser de bonnes questions sur les droits et la santé sexuels et reproductifs des jeunes africaines et nous pourrions lancer un ouf de soulagement en voyant que le sujet est discuté, les faiblesses du système social pris en compte et des solutions proposées.  L’Afrique vient de faire un pas.

Cependant, s’il est agréable d’avoir à sa disposition des solutions, la question de leur réalisation demeure ; les moyens financiers mis à sa disposition restent maigres. De plus, notons que si des dirigeants africains ratifient des conventions, ils sont encore loin d’encourager leur application et d’investir pour une Afrique meilleure. Oui, nous pouvons avoir une Afrique meilleure à condition que, tous, nous mettions la main à la pâte.